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Urdangarin, beau-frère banni de la famille royale d'Espagne


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Publié le 17/02/2017 - 17h19

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Urdangarin, beau-frère banni de la famille royale d'Espagne

Plus de cinq ans après sa mise en examen, le jugement est tombé: Inaki, 49 ans, est condamné à six ans et trois mois d'emprisonnement, accusé d'avoir détourné avec un associé plusieurs millions d'euros de subventions attribuées à une fondation qu'il présidait.

Il fut longtemps «le gendre idéal» du roi Juan Carlos 1er: l'ancien handballeur vedette espagnol Iñaki Urdangarin, marié depuis 1997 à l'infante Cristina, est finalement devenu le beau frère banni, condamné pour des malversations.

Durant 14 ans, l'ancien champion olympique avait été membre de plein droit de la famille royale: du 4 octobre 1997, jour de ses noces somptueuses avec Cristina de Bourbon - jusqu'au 12 décembre 2011, date à laquelle il a été déclaré persona non grata au palais, écarté pour conduite "non exemplaire"...

Après sa mise en cause judiciaire, c'est son jeune beau-frère, devenu le roi Felipe VI, qui lui retira finalement le titre de duc de Palma, reçu en cadeau le jour de son mariage.

Capitaine d'1,98 m

Né le 15 janvier 1968 au Pays basque (nord), Iñaki est l'avant-dernier de sept enfants, d'une famille discrète et appréciée.

Le père, ingénieur de l'industrie chimique puis banquier, est membre du Parti nationaliste basque (PNV), la mère, une aristocrate originaire de Belgique. Mais c'est en Catalogne qu'Iñaki passe son enfance et devient un sportif accompli.

Iñaki Urdangarin alors handballeur professionel, le 9 juin 1999, dans un match de Coupe du monde au Caire

"Je m'appelle Iñaki Urdangarin, j'ai 19 ans, je joue au FC Barcelone et cela fait 12 ans que je pratique le handball", dit-il, un peu timide, dans une vidéo de 1986.

Du haut de son 1,98 m, il devient le capitaine du FC Barcelone et de la sélection espagnole avec laquelle il conquiert deux médailles de bronze aux JO d'Atlanta et de Sydney.

En 1997, quand s'annonce son mariage surprise avec la fille du roi, le journal El Pais titre "le garçon parfait".

Au côté de sa princesse radieuse, l'élégant marié de 29 ans a encore un air juvénile. Et dans la cathédrale de Barcelone où se presse le gratin de l'aristocratie internationale, il adresse un clin d'oeil à Felipe, plus jeune que lui de quinze jours...

Folie des grandeurs

Le roi Juan Carlos s'entend très bien avec son gendre et en fait vite son "golden boy", selon Ana Romero, auteure d'un livre sur la fin de règne du souverain.

Et en 2008, la reine Sofia vante encore "un homme très bon", "attentionné, courtois, bien élevé", rapporte Pilar Urbano, écrivain spécialiste de la famille royale.

La princesse Cristina de Bourbon et Iñaki Urdangarin lors de leur mariage à Barcelone, le 4 octobre 1997

Mais, dans l'école de commerce de Barcelone où il est allé se former, Iñaki a fait une rencontre funeste: celle du professeur Diego Torres, qui deviendra son associé en affaires, pour le meilleur et pour le pire.

Au procès, tous deux ont été accusés d'avoir détourné six millions d'euros de fonds publics.

Iñaki était poursuivi comme président de l'Institut Noos, une fondation théoriquement à but non lucratif, ayant reversé des fonds à des "sociétés écran".

Comme pris d'une folie des grandeurs, il avait acheté en 2004, avec Cristina, un hôtel particulier de Barcelone à 6 millions d'euros. Une résidence luxueuse que le couple a finalement dû revendre en 2015 pour payer sa caution judiciaire.

Quand le scandale couvait mais n'avait pas encore éclaté, la multinationale espagnole Telefonica avait opportunément embauché Urdangarin, avant de le muter en 2009 à Washington à la demande de son beau-père le roi.

Iñaki Urdangarin (D) au côté de la famille royale espagnole, le 12 octobre 2001 à Madrid

Mais pourquoi diable, "lui qui avait tout", s'est-il aventuré dans des affaires présumées frauduleuses?, s'est beaucoup demandé le pays.

"Certains disent qu'Iñaki voulait (...) avoir beaucoup de succès par lui-même et démontrer à la famille royale qu'il était un type comme il faut", avançait l'an dernier Ana Romero.

Mais bien d'autres théories se sont affrontées, ajoutait-elle: "Celle d'un homme innocent, léger, à l'intelligence limitée, tombé aux mains d'un type sans scrupules", "celle d'un garçon "cupide"... Ou encore celle du novice "qui se mit à faire, maladroitement, ce que d'autres faisaient autour de lui".

Légende & Crédit photo : Iñaki Urdangarin lors d'une audience au tribunal de Majorque, le 10 juin 2016 POOL/AFP / Cati Cladera
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