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Véronique Sanson : «Mon fils m’épate»

Revenue en force avec un album aussi éclectique que surprenant («Plusieurs Lunes»), Véronique Sanson (62 ans) sera vendredi 9 décembre 2011, à 20 heures, au Cirque Royal de Bruxelles. Toujours à fleur de peau, elle parle sans détours de ses joies et peines.

Vous revoici sur scène. Est-ce toujours aussi difficile d’entrer dans la lumière ?

J’ai parfois l’impression que je ne parviendrai pas à donner assez de ma vérité et de mon être. Puis, lorsque la première chanson démarre, je pense : «Allez, c’est maintenant ou jamais !». Les tournées sont des moments à la fois heureux et éprouvants. Tous les soirs, après avoir échangé tant d’adrénaline avec le public, s’endormir est pénible. J’ai du mal à faire redescendre cette énergie, résultat d’une incroyable osmose avec les gens.

Les rencontrez-vous ensuite ?

Oui ! Pour rien au monde, je ne louperais ces rendez-vous d’après concert. Mon public vient me dire merci. Et je le lui dis aussi. Merci d’être là, encore et toujours. D’avoir fait 200 bornes pour moi. D’avoir patienté, d’avoir été silencieux pour m’écouter, puis de s’être déchaîné sur les morceaux rythmés. Tout cela traduit tant de respect et d’amour.

Comment expliquez-vous la longévité de votre carrière ?

J’applique la même philosophie depuis le début : ne faire que ce que l’on aime, rejeter les concessions, refuser d’interpréter un titre que l’on n’apprécie pas, même s’il est à la mode. Il faut savoir dire non avec dignité. En cela, j’ai vraiment adoré les Seventies, ce furent les plus belles années du monde, car les artistes étaient libres !

Éprouvez-vous de la nostalgie ?

Non, ce mot est trop pathétique. Je préfère la colère, c’est plus puissant. Je ne veux pas passer pour une sorte d’ancien combattant mais, actuellement, force est de reconnaître que notre époque et sa musique manquent d’âme. De plus, il est devenu si difficile de se démarquer, de sortir du moule. Désormais, on ne s’intéresse plus qu’à un titre ou deux, et non à une carrière. Voilà pourquoi tant de chanteurs formatés apparaissent puis disparaissent si vite. Beaucoup ne travaillent plus que pour le fric. On en oublie la création, la singularité. C’est terriblement nocif. Ça me rend dingue !

Toutefois, pour votre fils, le chanteur Christopher Stills, cela va plutôt bien…

Pourtant, avant d’en arriver là, Chris a morflé. N’oublions pas qu’il est «le fils de». Moi, sa mère, je suis connue en Europe. Et son père, Stephen Stills, est une star aux États-unis. C’est tout de même dur de décoller cette double étiquette. En tout cas, j’interdis à mon garçon de se laisser formater. Je l’ai élevé comme un résistant, afin qu’il soit honnête, authentique. Aujourd’hui, Chris m’épate sur scène, il me donne des leçons de maîtrise et de sérénité.

Votre fils habite en Amérique. En souffrez-vous ?

Ah oui, j’ai encore énormément de mal à accepter cet éloignement. Cela me rend très triste. J’ai deux petites-filles de 4 et 6 ans, elles ne parlent pas encore français. Mais j’ai une belle compensation : l’aînée joue déjà du piano comme une virtuose, elle compose, elle chante. C’est une merveilleuse musicienne. Ce talent si prometteur m’enchante. La relève est assurée !
Entretien : Carol THILL

À voir

Véronique Sanson en concert, le 9 décembre, à 20h, au Cirque Royal de Bruxelles. Infos : 02.218.20.15

À écouter

«Plusieurs lunes», V. Sanson, CD, 16 € (Warner Music).


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