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Votes 0 avisPartager   Facebook    Twitter    Emailmercredi 07 décembre

Mylène Jampanoï : «Mon héroïne n’est pas une potiche !»

À partir du mercredi 14 décembre 2011, France 2 diffuse «Rani», une superbe saga en huit épisodes qui nous emmène jusqu’en Inde. L’actrice Mylène Jampanoï est au cœur de cette aventure trépidante diffusée cet été sur La Une, mais à revoir avec plaisir.

Comment êtes-vous devenue Jolanne de Valcourt ?

La production m’a contactée pour savoir si j’étais intéressée par le tournage d’un téléfilm. Comme j’avais gardé un mauvais souvenir de mon premier rôle pour le petit écran, j’ai hésité à accepter. La lecture du scénario, très bien écrit, m’a convaincue de dire oui.

Connaissiez-vous Jean Van Hamme, le scénariste ?

Non mais je savais qu’il était un scénariste de bandes dessinées. J’ai toujours été persuadée qu’un auteur de BD pouvait écrire pour la fiction. Il apporte un côté ludique, extraordinaire, drôle avec des personnages forts, génial à jouer pour les acteurs.

Avez-vous des points communs avec Jolanne ?

Je me sens effectivement très proche de Jolanne. Lorsqu’un acteur accepte un rôle, ce n’est jamais innocent. Généralement, il y trouve soit des points communs, soit le personnage lui apporte un plus. Au final, on a toujours le challenge d’arriver à amener sa touche personnelle.

Comment la définiriez-vous?

Je me suis attachée à comprendre sa complexité et son ambiguïté. Elle est à la fois tout et son contraire. Téméraire, elle se bat au quotidien pour sa survie. C’est une femme intuitive et instinctive. Elle adapte son attitude aux gens qui l’entourent. Mais n’a-t-elle pas été suffisamment déçue pour continuer à avoir confiance dans l’espèce humaine ?

Ce rôle est-il un vrai cadeau pour une actrice ?

Oui. Grâce à ses nombreuses facettes, c’est un rôle formidablement drôle à interpréter. Dans ce genre de saga, les femmes sont souvent utilisées comme faire-valoir du héros masculin. Dans cette aventure, Jolanne n’est pas une potiche.

Jolanne est dans la lignée d’ «Angélique, Marquise des Anges» ?

C’est vrai et c’était voulu par le scénariste.

Rêviez-vous d’un rôle aussi romanesque ?

Oui car je n’avais jamais joué ce genre de personnage.

Aimez-vous jouer les rôles en costumes ?

J’adore. Si c’était possible, je ne jouerais que ce genre de rôle. J’ai rêvé en regardant les films de «Sissi». Les décors, les robes, j’étais totalement émerveillée. Aujourd’hui, ces films continuent à me rappeler mon enfance.

Appréciez-vous, aujourd’hui, de tourner pour le petit écran ?

Oui car la télévision offre la possibilité d’être vue par des millions de personnes. Or, j’ai envie de me faire connaître d’un large public. De toute façon, que ce soit pour le petit ou le grand écran, on peut tout faire à condition de savoir avec qui.

Pourquoi avez-vous choisi le métier d’actrice ?

Cela ne s’explique pas, pour moi c’était une évidence. Dans ce métier, il y a quand même beaucoup de filles et de fils de… ainsi que des personnes issues de milieu aisé. C’est un atout car ce n’est pas facile de percer, il faut donc pouvoir disposer d’un revenu minimum. Moi, mes parents ne sont ni acteurs, ni riches. Il m’a fallu beaucoup de persévérance pour surmonter toute seule les difficultés, mais j’y croyais dur comme fer.

Comment vous êtes-vous physiquement préparée ?

Trois mois avant le tournage, j’ai aménagé un emploi du temps spécial. Le matin, je pratiquais les arts martiaux. Comme je ne suis pas particulièrement souple, les débuts ont été laborieux et tout le monde se moquait de moi. Entre midi et deux heures, je passais à l’équitation pour apprendre à rester en selle en toute circonstance. L’après-midi, je travaillais mes textes avec un coach qui est aussi celui d’Isabelle Adjani.

Êtes-vous gênée par les scènes dénudées ?

Oui, pour moi c’est un vrai problème car dans la vie je suis très pudique. Lorsque j’ai rencontré mon petit ami actuel, il se réjouissait de mon côté soit disant «rock’n roll». Il a vite déchanté en découvrant mon côté très prude. On ignore pourquoi les réalisateurs veulent toujours dénuder les actrices. J’ai accepté de tourner ces scènes car Arnaud (Selignac, réalisateur, ndlr) a réussi à me convaincre en trouvant les bons arguments.

Avez-vous une anecdote liée à ce tournage en Inde ?

Oui, nous logions dans un ancien palais d’un prince indien reconverti en hôtel au luxe incroyable. Le fils d’un râja est tombé raide dingue amoureux de moi. Il m’a tellement harcelé par téléphone que j’ai été obligée de changer d’hôtel.

Vous êtes d’origine franco-chinoise. Comment vivez-vous cette double culture ?

Je travaille beaucoup en Asie car je suis l’égérie de Dior pour ce continent. Sur le sol asiatique, j’ai le sentiment d’appartenir totalement à cette culture. Pudeur, timidité et féminité dans ma vie privée sont mes points communs avec les femmes asiatiques. Je parle le cantonnais, ma langue paternelle. Je suis aussi née en France avec une mère très moderne qui m’a donnée une éducation occidentale. À tour de rôle, je suis soit l’une, soit l’autre, mais jamais les deux en même temps.

Connaissiez-vous l’Inde ?

Oui car il y a quelques années, je me suis mariée avec un indien. De plus j’avais déjà tourné un film en Inde mais dans des conditions spartiates. Je me suis retrouvée pendant quatre mois sur l’Himalaya à dormir sous une tente et à me laver avec des douches froides !

Pensez-vous qu’il y pourrait avoir une suite à «Rani» ?

Pourquoi pas ?
Entretien : Nicole RÉALE


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