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À Médiarives, Beverly Jo Scott nous accueille dans sa loge d’un chaleureux «Bonjour baby !» dont elle a le secret. Maman et déjà mamie, la chanteuse de blues, d’origine américaine, a troqué ses baskets des auditions à l’aveugle pour une paire d’escarpins noirs. Prête déjà à replonger dans le bain des enregistrements des duels à venir.
J’y ai longuement réfléchi. Quand j’ai pris la décision, j’étais enthousiaste et j’adore toujours ça. Seulement, je n’avais pas réalisé que je devrai éliminer les membres de ma propre équipe lors des duels.
J’ai été flattée de le découvrir. En même temps, cela me met la frousse, je ne veux pas décevoir. Je souhaite que tous mes talents bénéficient de quelque chose de plus sur le plan technique ou émotionnel. J’ai été vraiment fière que certains me choisissent lorsque nous étions plusieurs coaches en compétition.
Mon seul critère, c’est l’émotion que je ressens, de la tendresse, une chute d’adrénaline, de la nostalgie. Je fonctionne de façon très primaire ! (rires) J’ai parfois simplement craqué alors qu’il n’y avait pas de technique, pas de risque, juste un brin de sincérité qui m’a séduite. Même si on entend beaucoup de monde, on ne peut sélectionner que quatorze candidats. C’est le jeu.
Je suis pétrifiée, je n’aime pas faire mal ! C’est très dur d’être coach, il faut être bien dans sa peau et sa tête. J’aurais aimé être plus pragmatique. C’est particulier d’être de l’autre côté de la barrière. Je dois apprendre à prendre plus de recul et de la maturité sur ce qui est prioritaire ou non dans un show pour mes talents. Ce sont de grandes leçons. Avec le temps, le public va mieux connaître ce jeu qui est assez brutal. Le coach travaille avec ceux qu’il aime, les désinhibe, les aide, et puis, aux duels, c’est affreux, il entre en opposition et doit choisir. «The Voice» est aussi impitoyable que le show-business. Les candidats doivent se préparer à entrer dans la gueule du lion. Ils ne réalisent pas toujours que ce jeu de haut niveau est difficile. Ils ont des prouesses à réaliser en un temps record !
Certains talents n’avaient jamais chanté encore, accompagnés de musiciens. L’un d’entre eux chantait seulement a cappella, seul, à la maison ! Là, on doit tout leur apprendre en trois jours. Et d’autres ont vraiment du bagage. Ils ont plus l’habitude de la scène. Je découvre aussi les faiblesses de mes poulains chéris. Mais on ne peut pas transmettre d’un coup de baguette magique vingt ans d’expérience.
Purée, oui ! Tout ce talent en Wallonie et à Bruxelles est réjouissant, mais c’est aussi inadmissible de le laisser dormir ! Les opportunités sont trop rares aujourd’hui dans les maisons de disques en Belgique. «The Voice» leur donne une chance exceptionnelle. Il ne faut pas complexer, avoir peur de ses choix. Au contraire, il faut en être fier !
Entretien : Caroline GESKENS
«The Voice» a le vent en poupe
L’audience grimpe crescendo depuis la mise sur orbite du télé-crochet sur La Une : quelque 550.000 téléspectateurs lui prêtent désormais une oreille attentive.
Alors que les auditions à l’aveugle se poursuivent en télé, dans le studio de Médiarives, à Liège, une scène en forme de ring de boxe est déjà installée pour enregistrer les quatre émissions de duels (dès le 31 janvier en télé). Le principe : après avoir fait bosser leur équipe de 14 talents, chaque coach les met en compétition sur une même chanson. C’est aussi lui qui est chargé de trancher pour n’en garder qu’un sur les deux au final et parvenir à en emmener six sur les lives en direct. De quoi provoquer quelques mines déconfites et quelques torrents de larmes au détour des couloirs.