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Pierre-Yves Rosoux : «Pas le droit à l’erreur !»

Ils savent tomber de haut, ou foncer droit dans le mur. Les cascadeurs flirtent avec le danger sur chaque tournage. C’est leur boulot...

Qui n’a jamais admiré le héros d’un film sortant indemne d’une incroyable scène de course-poursuite ? Derrière ce genre d’images spectaculaires se cachent des professionnels de la gamelle injustement méconnus : les cascadeurs. Eux risquent vraiment leur vie pour amuser la galerie !
Samedi 15 octobre 2011 sur RTL-TVI, «I comme» est parti à Seattle visiter une école d’apprentis-cascadeurs. En guise d’introduction, nous avons interrogé Pierre-Yves Rosoux. Pilote de la voiture engagée aux couleurs de Télépro dans le Championnat BTCS, il est aussi un spécialiste de la cascade automobile de précision.

Comment êtes-vous entré dans le monde de la cascade ?

J’ai commencé dans «Michel Vaillant». Ils avaient besoin d’un pilote capable de tenir le volant d’une vraie voiture de course. C’est un Belge qui s’occupait de la gestion des autos sur ce film. Mon collègue Marc Duez lui a donné mes coordonnées, et j’ai été engagé. À la base, j’y suis allé pour travailler deux jours, et comme ça s’est bien passé, je suis finalement resté deux semaines. Là-bas, j’ai rencontré Michel Julienne (ndlr : fils de Rémy, célèbre cascadeur), qui s’occupait des cascades. On est devenu copains et il m’a rappelé pour d’autres tournages. De fil en aiguille, j’ai enchaîné avec «Bean 2», «Rush Hour 3», «Cash», «Taxi 4», «Banlieue 13 Ultimatum». J’ai également beaucoup tourné dans «Taken» et «Le Transporteur 3».

Que vous demande-t-on ?

Quand il y a des poursuites dans un film, les acteurs ne conduisent pas. Mon rôle, c’est de servir de doublure en pilotant vite et avec précision. On doit pouvoir passer à trois centimètres d’un arbre sans dégât. Il faut souvent répéter la même scène plusieurs fois, pour multiplier les angles de vue. C’est assez difficile, parce que nous n’avons pas des modèles de course à notre disposition : ce sont souvent des voitures qui sont prêtes à aller à la casse...

Ça demande beaucoup de préparation ?

Énormément, surtout depuis la mort d’un caméraman lors d’une cascade sur le tournage de «Taxi 2» en 1999. Les responsables qui règlent ce genre de scène sont très prudents au niveau sécurité, ils nous briefent beaucoup. C’est un métier qui demande beaucoup de discipline, les consignes doivent être suivies à la lettre. Il ne faut surtout pas improviser.

Que ressentez-vous au moment du tournage ?

On a parfois des poussées d’adrénaline. Je me souviens d’une scène sur «Le Transporteur 3» où un collègue que je devais croiser m’a évité au dernier moment. Pour le même prix, ça aurait pu mal tourner... Et on ne porte pas de casque évidemment, pour éviter que ça se voie à l’écran !

La peur fait partie du métier ?

Non, si on commence à ressentir ce genre d’émotion, on fait tout de travers. Mais il ne faut pas avoir peur de dire qu’on n’est pas capable de réaliser une cascade en particulier. Les producteurs préfèrent quelqu’un qui avoue une «faiblesse» plutôt que d’avoir un accident sur le tournage !

Que conseillez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans ce domaine ?

Le milieu de la cascade est très fermé. Ce n’est pas évident d’y rentrer. Je conseille avant tout d’être excellent dans son domaine. Je pense notamment aux cascadeurs physiques, ceux qui sont capables des chutes de plusieurs mètres. Ce sont souvent des anciens athlètes ou des acrobates qui ont travaillé dans des cirques. Il faut aussi être très courageux. Et puis, il faut se dire que sur un tournage, on n’a pas trop le droit à l’erreur. Si on loupe deux prises, on se fait jeter et on est remplacé par un autre.
Entretien : Julien VANDEVENNE


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