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Dans la manière de procéder, mon personnage de Winckler est diamétralement opposé à son collègue Faraday. Mais même si le premier oscille entre la loi et le désordre et le deuxième respecte la loi, ils s’aiment bien. Ils ont un grand respect l’un pour l’autre, mais ils ont des caractères et surtout des comportements très différents.
Ce n’est pas une série, mais plutôt une collection composée de six épisodes tournés sur trois ans. J’adore l’écriture de Graham Hurley. Ses polars ont toujours un fond social. Si l’enquête est importante, elle est surtout le prétexte à brosser le tableau d’une société en perdition.
J’aime aussi la manière dont Graham Hurley traite les personnages secondaires. À travers eux, on voit des gens un peu ambigus. Ce sont des coupables qui sont parfois parfaitement liés par le même désespoir. J’avais aussi envie de jouer avec Jean-Marc et de collaborer avec le réalisateur Edwin Baily dont je connaissais le travail.
Ce rythme me convient très bien. J’ai trop d’occupations par ailleurs pour devenir à plein temps le nouveau flic de France Télévision. Nous disposons ainsi de temps pour peaufiner les scénarios. Sur France Télévision, il y a des enquêtes un peu plus complexes et plus élaborées qu’une simple intrigue où le gentil flic finit toujours par arrêter le méchant.
Ça me plaît car du coup, j’ai le temps d’y penser et de peaufiner mon jeu. Dans une série classique, on reproduit souvent les mêmes codes. Pour avoir lu les romans de Graham Hurley, je sais que les personnages changent. Ils ne stagnent pas et montrent au contraire soit une évolution, soit une dégradation. Déjà entre le premier et deuxième épisode, je n’ai pas eu l’impression de jouer le même personnage.
Non car si aux yeux des autres, mon personnage a un comportement très équivoque, il a sa conscience pour lui. Winckler n’est pas un flic ripoux, il est parfaitement intègre. Sa zone d’ombre, ce sont ses amitiés un peu encombrantes, mais il sait très bien faire la part des choses.
Oui beaucoup. Lorsque je tourne des téléfilms de grande qualité comme celui sur Mendès France, je suis ravi. La télévision ose aborder des sujets engagés sur lesquels le cinéma n’ose plus vraiment se risquer. Seul l’intérêt de l’histoire décide de mon choix.
Une liberté financière. Aujourd’hui, je suis content de pouvoir refuser les projets qui ne m’intéressent pas. À mes débuts, par nécessité alimentaire, j’étais obligé d’accepter toutes les propositions. Désormais mes activités de producteur me permettent de vivre correctement.
Non, car moi qui suis impatient dans la vie, j’ai compris qu’il ne fallait pas précipiter les choses. Je me suis découvert une âme de marathonien alors que je pensais être un sprinter. Mon attente a été récompensée. Désormais j’apprécie avec bonheur les rôles variés qu’on me propose.
Si on m’obligeait à choisir un seul métier, j’opterais pour celui d’acteur. Adolescent, même si je m’intéressais aux filles et au monde qui m’entourait, jusqu’à l’âge de 12, 13 ans j’ai continué à jouer avec mes jouets d’enfant. «Jouer» est d’ailleurs un très joli verbe pour définir notre métier.
J’aime Paris, mais pour moi, Bruxelles est la plus belle ville du monde. Lorsque j’étais môme, le meilleur ami de mon papa habitait la Belgique. Nous lui avons régulièrement rendu visite. J’avais 14 ans lorsqu’il est mort. Je disais souvent à mon père : «Cette ville est merveilleuse, un jour j’y habiterais». Les années ont passé. À la suite d’un conflit avec un partenaire sur un tournage et sur un coup de tête, j’ai quitté Paris pour m’installer à Bruxelles.
Pour moi, Bruxelles c’est Peau d’âne. Contrairement à Paris qui est une belle courtisane magnifique et flamboyante, Bruxelles a priori ne dégage pas de charme particulier. Il faut de la patience et de la curiosité pour découvrir la beauté cachée de cette ville. J’aime la pudeur de cette ville et la faconde des Bruxellois. J’habitais le quartier des Marolles, pas loin du Jeu de Balles. J’adore tellement cette ville que j’y séjourne régulièrement.
Entretien : Nicole REALE
À savoir
En 2012, Bruno Solo et Dominique Pinon seront en tournée en Belgique avec «L’Ouest solitaire», une pièce de Martin Mc Donagh. Cette pièce est actuellement à l’affiche du théâtre Marigny à Paris jusqu’au 31 décembre 2011.