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Bruno Solo :«Je ne suis pas le nouveau flic de France 2»

Vendredi 11 novembre 2011, France 2 diffuse à 20h30 «Deux flics sur les docks», le premier épisode d’une nouvelle collection (six épisodes) basée sur les romans de l’auteur britannique Graham Hurley, dans laquelle Bruno Solo et Jean-Marc Barr mènent l’enquête. L’acteur de «Caméra café» nous livre ses impressions…

Parlez-nous de votre personnage ?

Dans la manière de procéder, mon personnage de Winckler est diamétralement opposé à son collègue Faraday. Mais même si le premier oscille entre la loi et le désordre et le deuxième respecte la loi, ils s’aiment bien. Ils ont un grand respect l’un pour l’autre, mais ils ont des caractères et surtout des comportements très différents.

Pourquoi avez-vous accepté cette série ?

Ce n’est pas une série, mais plutôt une collection composée de six épisodes tournés sur trois ans. J’adore l’écriture de Graham Hurley. Ses polars ont toujours un fond social. Si l’enquête est importante, elle est surtout le prétexte à brosser le tableau d’une société en perdition.

D’autres raisons pour dire oui ?

J’aime aussi la manière dont Graham Hurley traite les personnages secondaires. À travers eux, on voit des gens un peu ambigus. Ce sont des coupables qui sont parfois parfaitement liés par le même désespoir. J’avais aussi envie de jouer avec Jean-Marc et de collaborer avec le réalisateur Edwin Baily dont je connaissais le travail.

Deux épisodes pas an est-ce suffisant pour imposer un personnage ?

Ce rythme me convient très bien. J’ai trop d’occupations par ailleurs pour devenir à plein temps le nouveau flic de France Télévision. Nous disposons ainsi de temps pour peaufiner les scénarios. Sur France Télévision, il y a des enquêtes un peu plus complexes et plus élaborées qu’une simple intrigue où le gentil flic finit toujours par arrêter le méchant.

Appréciez-vous ce rendez-vous programmé avec Winckler ?

Ça me plaît car du coup, j’ai le temps d’y penser et de peaufiner mon jeu. Dans une série classique, on reproduit souvent les mêmes codes. Pour avoir lu les romans de Graham Hurley, je sais que les personnages changent. Ils ne stagnent pas et montrent au contraire soit une évolution, soit une dégradation. Déjà entre le premier et deuxième épisode, je n’ai pas eu l’impression de jouer le même personnage.

Les affaires avec des flics ripoux font actuellement la une des journaux. Winckler ressemble à la réalité ?

Non car si aux yeux des autres, mon personnage a un comportement très équivoque, il a sa conscience pour lui. Winckler n’est pas un flic ripoux, il est parfaitement intègre. Sa zone d’ombre, ce sont ses amitiés un peu encombrantes, mais il sait très bien faire la part des choses.

Aimez-vous tourner pour le petit écran ?

Oui beaucoup. Lorsque je tourne des téléfilms de grande qualité comme celui sur Mendès France, je suis ravi. La télévision ose aborder des sujets engagés sur lesquels le cinéma n’ose plus vraiment se risquer. Seul l’intérêt de l’histoire décide de mon choix.

En tant que producteur, que vous a apporté le succès de «Caméra café» et de «Kamelott» ?

Une liberté financière. Aujourd’hui, je suis content de pouvoir refuser les projets qui ne m’intéressent pas. À mes débuts, par nécessité alimentaire, j’étais obligé d’accepter toutes les propositions. Désormais mes activités de producteur me permettent de vivre correctement.

Vous avez mis un certain temps à vous imposer comme acteur. Avez-vous douté ?

Non, car moi qui suis impatient dans la vie, j’ai compris qu’il ne fallait pas précipiter les choses. Je me suis découvert une âme de marathonien alors que je pensais être un sprinter. Mon attente a été récompensée. Désormais j’apprécie avec bonheur les rôles variés qu’on me propose.

Parmi toutes vos activités professionnelles, laquelle préférez-vous ?

Si on m’obligeait à choisir un seul métier, j’opterais pour celui d’acteur. Adolescent, même si je m’intéressais aux filles et au monde qui m’entourait, jusqu’à l’âge de 12, 13 ans j’ai continué à jouer avec mes jouets d’enfant. «Jouer» est d’ailleurs un très joli verbe pour définir notre métier.

Il y a quelques années, vous vous êtes installé à Bruxelles. Pourquoi ?

J’aime Paris, mais pour moi, Bruxelles est la plus belle ville du monde. Lorsque j’étais môme, le meilleur ami de mon papa habitait la Belgique. Nous lui avons régulièrement rendu visite. J’avais 14 ans lorsqu’il est mort. Je disais souvent à mon père : «Cette ville est merveilleuse, un jour j’y habiterais». Les années ont passé. À la suite d’un conflit avec un partenaire sur un tournage et sur un coup de tête, j’ai quitté Paris pour m’installer à Bruxelles.

Pourquoi cette ville vous touche-t-elle autant ?

Pour moi, Bruxelles c’est Peau d’âne. Contrairement à Paris qui est une belle courtisane magnifique et flamboyante, Bruxelles a priori ne dégage pas de charme particulier. Il faut de la patience et de la curiosité pour découvrir la beauté cachée de cette ville. J’aime la pudeur de cette ville et la faconde des Bruxellois. J’habitais le quartier des Marolles, pas loin du Jeu de Balles. J’adore tellement cette ville que j’y séjourne régulièrement.
Entretien : Nicole REALE

À savoir

En 2012, Bruno Solo et Dominique Pinon seront en tournée en Belgique avec «L’Ouest solitaire», une pièce de Martin Mc Donagh. Cette pièce est actuellement à l’affiche du théâtre Marigny à Paris jusqu’au 31 décembre 2011.


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