Quarante ans déjà que Daniel Balavoine (1952-1986) trouvait la mort dans un accident d’hélicoptère au Mali. Mardi à 22h avec «Une journée avec Balavoine», La Une se souvient de ce chanteur fort en gueule, fauché trop tôt.
14 janvier 1986. Ce jour-là, alors que ce n’était pas prévu, l’organisateur du Paris-Dakar, Thierry Sabine, invite Daniel Balavoine, présent en Afrique pour amener et installer des pompes à eau, à suivre avec lui l’épreuve à bord d’un hélicoptère. À la tombée de la nuit, en pleine tempête de sable, leur appareil heurte une dune. Le chanteur âgé de 33 ans, Sabine et trois autres passagers sont tués. Quarante ans plus tard, on fredonne encore et toujours ses chansons.
Bébé de remplacement
Benjamin de la tribu Balavoine, qui compte déjà cinq enfants, Daniel voit le jour le 5 février 1952 à Alençon, un an après la mort du plus jeune de ses frères, Xavier, emporté par une méningite à 14 mois. Il pensera toujours n’avoir été qu’un bébé de remplacement. « Cela l’a longtemps habité. Quand on ne trouve pas sa place dans la famille, il est difficile de trouver sa place ailleurs. Soit on en meurt, soit on est solide », confie Claire, l’une de ses deux sœurs.

Choriste de Patrick Juvet
En 1972, Balavoine entame sa carrière comme choriste d’Alain Bashung et Patrick Juvet, aux côtés de son frère Guy. « Nous avions la même tessiture, trois octaves et demie. On faisait à la fois les voix de garçons et les voix de filles », raconte ce dernier. C’est ainsi que les deux frangins se retrouvent sur la scène de l’Eurovision 1976 pour accompagner Catherine Ferry, petite amie de Daniel à l’époque, sur « 1, 2, 3 », une chanson qui décrochera la médaille d’argent.
Love Linda
Après Dominique, la seule femme qu’il ait épousée, et Catherine Ferry, Daniel Balavoine tombe amoureux d’une programmatrice musicale de la RTBF, Linda Lecomte. Leur histoire commence mal. Elle le complimente pour son deuxième album, « Les Aventures de Simon et Gunther », mais lui pense qu’elle se moque. L’idylle démarrera vraiment en 1978 quand Daniel vient à Mons présenter l’album suivant sur lequel figure « Le Chanteur ». Il lui dédiera deux chansons, « Love Linda » et « Rougeagèvre ».
Joana et Jérémie
Le 15 juillet 1984, Balavoine est le plus heureux des hommes. Corinne, sa nouvelle compagne, met au monde leur premier enfant, Jérémie. Elle est enceinte du second lors du crash au Mali. Joana naît cinq mois après la disparition de son père. Comme ses parents ne sont pas mariés, elle reçoit le nom de famille de sa mère. « Notre avocat a lancé une procédure judiciaire pour que je sois reconnue post mortem par mon père et puisse m’appeler Balavoine », explique-t-elle. Ado, Joana tombe dans le piège de la drogue. Elle a raconté ses quatorze années de toxicomane dans une BD, « Les Lions endormis », parue en 2021. Son frère est guitariste, dessinateur et poète. Il a publié, l’an dernier, un premier recueil intitulé « Schizoquelquechose » et vit à Bruxelles.
Forte tête mais drôle
« Il y a l’image du chanteur qui serre les poings. Mais il était aussi joyeux, drôle. En répétition, pour se chauffer la voix sur « L’Aziza », il chantait « La Pizza, au fromage ou aux anchois » », raconte sa sœur. « Daniel était la personne la plus drôle que j’aie jamais rencontrée », répétait France Gall. « Curieusement, ce que personne n’a jamais dit, c’est que pour passer le temps et calmer ses nerfs…, il tricotait. Quand il prenait le train, qu’il était nerveux, impatient, il sortait deux aiguilles et tricotait des mailles », révèle Fabien Lecœuvre, l’auteur de « Balavoine, la vraie histoire ».
L’Aziza
Elle lui a inspiré l’un de ses derniers tubes, « L’Aziza ». Corinne Barcessat, d’origine juive marocaine, était attachée de presse lorsqu’elle a rencontré Daniel en 1981.

En 1985, avec sa dernière compagne Corinne Barcessat qui lui inspira le hit « L’Aziza »
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Cette dernière compagne a ensuite été l’assistante de leur amie France Gall, puis est devenue scénariste. On lui doit « Parents mode d’emploi », le format court qui a révélé Arnaud Ducret. Mariée depuis 2000 à Serge Khalfon, le réalisateur fétiche de Thierry Ardisson, elle a adopté le patronyme de Coco Khalfon.
Cet article est paru dans le Télépro du 8/1/2026