Priscilla : la Queen du King

© Bettmann Archive
Alice Kriescher Journaliste

Avec le film,« Priscilla » (ce jeudi à 20h30 sur La Trois), Sofia Coppola (« Virgin Suicides », « Marie-Antoinette ») brosse un portrait de femme à la fois forte et sensible, réalisé à partir des mémoires de Priscilla Presley, « Elvis et moi ».

Surtout connue du grand public pour avoir été l’épouse d’Elvis Presley, en coulisses, Priscilla est forcément bien plus que cela. De son idylle secrète avec celui qui est en passe de devenir une icône mondiale, à son mariage qui a tout d’un conte de fées, à la cruelle réalité, portrait de Priscilla Beaulieu.

Amourette de service ?

1959. Priscilla et sa mère suivent Paul Beaulieu, officier de l’US Air Force, père adoptif de la petite née Wagner, alors que ce dernier est muté à Bad Nauheim, en Allemagne. Effondrée à l’idée d’être à nouveau déracinée, la très timide Priscilla y fait néanmoins une connaissance, et pas des moindres, celle d’Elvis Presley, déjà superstar, présent pour y accomplir son service militaire. Si la jeune femme est évidemment fascinée par l’aura du chanteur, leur grande différence d’âge contrarie ses parents : elle a 14 ans et lui dix de plus. Elvis parvient néanmoins à les convaincre de sa bonne foi et Priscilla est autorisée à le fréquenter. Quelques mois plus tard, la vedette reçoit la permission de rentrer à Graceland. Alors qu’il prend le large, son amourette allemande n’a pas échappé aux médias : la photo de Priscilla est étalée dans la presse et les demandes d’interviews pour rencontrer cette mystérieuse jeune fille affluent. Loin des tourments que cela provoque pour Priscilla, outre-Atlantique, Elvis retrouve la vie telle qu’il l’avait laissée, à savoir au bras de sa petite amie officielle : l’actrice Anita Wood. Pour tous, Priscilla Beaulieu devient alors « the girl he left behind », « la fille qu’il a laissée derrière ».

Petit à petit, l’amoureuse fait son nid

1960. Depuis l’Allemagne, malgré Anita Wood et les nombreuses rumeurs qui entourent la vie amoureuse d’Elvis, Priscilla ne parvient pas à se l’enlever de l’esprit. Elle entreprend alors de lui écrire et, « so shocking » pour l’époque, de lui envoyer moult photos d’elle. En 1963, les choses s’accélèrent lorsque Priscilla, désireuse de se rapprocher d’Elvis, déménage pour Memphis. On la laisse faire à deux conditions : elle doit fréquenter une école catholique réservée aux filles et vivre avec le père Presley et son épouse. Malicieuse, Priscilla parviendra tout de même à rapatrier nombre de ses affaires, quasi incognito à Graceland, où réside Elvis avec sa maman, jusqu’à s’y installer pour de bon.

Conte de fêlures

1967. C’est un événement planétaire, Elvis et Priscilla se marient un 1er mai, à l’Aladdin Hotel de Las Vegas. Neuf mois tout pile après la cérémonie, leur unique enfant, Lisa Marie Presley (décédée en janvier 2023 à l’âge de 54 ans) voit le jour. Pour tout le pays, c’est un conte de fées, pour la jeune mère, un enfer domestique. « Leur mariage est marqué par les tromperies permanentes ainsi que les extravagances d’Elvis, qui vont croissant », relate Vanity Fair. Parmi les « extravagances », il y aura, pour Elvis, la consommation de drogues et le contrôle total de l’image de sa jeune épouse qui doit tout changer, de sa couleur de cheveux à son look vestimentaire, en passant par ses dents. Au-delà de cette emprise psychologique, la violence physique ne tarde pas à arriver, comme le racontera Priscilla. « Un jour, je suis contrainte d’avoir des relations sexuelles avec lui après avoir refusé parce que «  c’est ainsi qu’un vrai homme fait l’amour avec sa femme  », un autre je reçois une gifle parce que j’ai froncé les sourcils et que cela donne des rides… »

Always on my mind

1972. Lassée de cette existence pénible, Priscilla quitte Elvis et le divorce est acté en 1973. Durant les cinq années de vie qu’il restera à Elvis Presley, Priscilla continuera à entretenir de bons rapports avec lui. Bien des années plus tard, âgée de 78 ans, elle réaffirmera son attachement à la star. « Elvis a été l’amour de ma vie. C’est son style de vie qui était trop difficile pour moi. Nous avons eu une fille ensemble et nous avons fait en sorte qu’il puisse toujours la voir. Nous ne nous sommes jamais perdus de vue, je voudrais que ça soit clair. » 

Cet article est paru dans le Télépro du 25/12/2025

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici