«Hawaii» : fausse alerte, vraie cata…

Pensant qu’ils vont mourir, des amis lâchent tout ce qu’ils ont sur le cœur… Mauvaise idée. © Marvelous Productions / France 2 Cinéma / Alter Films / Zazi Films

À partir d’une histoire vraie ,Mélissa Drigeard propose un film sur les relations humaines et les non-dits… «Hawaii» est à voir dimanche à 21h10 sur France 2.

13 janvier 2018. 8h07. Une alerte au missile balistique sème la panique sur l’île d’Hawaï. Persuadés qu’ils vont mourir, des amis venus passer leurs vacances en bande se disent ce qu’ils n’ont jamais osé s’avouer. Quand ils réalisent qu’il s’agit d’une fausse alerte, il est trop tard pour revenir en arrière.

Tel est le pitch du film « Hawaii », diffusé dimanche sur France 2. Entretien avec sa réalisatrice, Mélissa Drigeard.

Le 13 janvier 2018, un message d’alerte missile nucléaire est diffusé sur tous les médias d’Hawaï. Comment avez-vous eu l’idée de vous emparer de ce fait réel hors du commun ?

Mon coauteur, Vincent Juillet, est tombé sur cette affaire, dans le journal en 2018 : il a trouvé que c’était délirant et qu’il y avait là une formidable matière pour un film. Quelques jours plus tard, je lui ai dit que ce serait drôle de s’en servir non pas comme sujet, mais comme d’un prétexte pour raconter les relations humaines. Et puis, il y avait une part de comédie dans le sujet : la vraie fausse alerte, le fait que quelqu’un ait appuyé par erreur sur le bouton rouge et que le gouverneur d’Hawaï ait mis 45 minutes à retrouver le mot de passe pour désactiver le système ! Des histoires auxquelles on a du mal à croire, mais qui sont vraies.

Vous êtes-vous rendus sur place pour vous documenter ?

Oui, pour nous imprégner de l’île et pour rencontrer des gens qui avaient vécu l’événement au plus près. Les témoignages étaient incroyables ! Un vieux monsieur nous a raconté qu’il s’était installé face à la mer avec sa femme, en attendant que « ça arrive ». Une surfeuse n’a pas voulu réveiller ses enfants qui dormaient. Chacun a vécu l’événement à sa façon en pensant que c’était l’apocalypse. Cela invite à se poser la question de notre propre réaction si on savait la fin imminente.

Avec quelles thématiques ce fait divers résonnait-il ?

Le rapport à la tromperie, au désir, au secret, à l’argent, à ceux qui, au sein d’une bande d’amis, ont davantage réussi que d’autres… Le thème de la réussite est souvent un marqueur important au sein d’un groupe. Ce n’est pas qu’une question d’ascension sociale ou de succès financier, c’est tout un décalage qui se crée. La réussite vous arrache beaucoup à votre milieu « amical ».

Le film pose avec malice la question de savoir s’il faut tout se dire, en amour comme en amitié…

Je suis convaincue qu’il ne faut pas tout dire ! Mentir, c’est souvent prendre soin de l’autre. Ce n’est pas parce qu’on est face à quelqu’un de cash – et soi-disant désolé de l’être – qu’on peut tout entendre et tout pardonner…

Cet article est paru dans le Télépro du 28/8/2025

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