Les Magritte deviennent les René du cinéma et s‘ouvrent aux séries télé

© Académie Delvaux

Les Magritte du Cinéma changent de nom et deviennent les René du Cinéma, a annoncé mardi l‘Académie André Delvaux, organisatrice de la cérémonie de récompense du cinéma belge francophone, qui fête cette année son 15e anniversaire.

Après 14 ans, la Fondation René Magritte a mis un terme à sa collaboration avec l’Académie André Delvaux l’été dernier. « La fin de ce partenariat, réglée de manière très propre, est venue après l’idée de changer. Cette idée était déjà présente au début de l’année dernière, lorsque Patrick Quinet a quitté son poste de président de l’Académie André Delvaux », déclare Jean-Yves Roubin, le nouveau président de l’Académie. « J’avais alors en tête quelques changements qu’on pourrait amener ».

« Le nom René est venu comme une évidence », ajoute Jean-Yves Roubin. « C’est un prénom qui entraîne la sympathie, qu’on a envie de tutoyer, il y a l’esprit belge et le côté inclusif. Il respecte aussi la continuité du travail qu’a fait l’Académie André Delvaux pendant presque 15 ans. Puis René, c’est un peu une renaissance ». 

De son côté, la Fondation Magritte indique qu’elle ne voulait plus, après « les grandes dérives » constatées lors des dernières cérémonies, que le nom du peintre soit associé à la manifestation « et son message politique ». 

« Cette cérémonie n’étant plus que l’ombre d’elle-même, les organisateurs ont achevé le travail en dénommant les prochains prix avec l’ombre du peintre », tacle la Fondation, assurant qu’elle n’y est plus associée de près ou de loin malgré le choix du nouveau nom. Elle estime que « le nom d’un ou d’une cinéaste qui a assuré le prestige du cinéma belge sur le plan international » aurait été plus judicieux.

Autre nouveauté de cette année: la cérémonie intégrera plusieurs prix pour les séries de fiction. « Les Magritte ont été créés il y a quinze ans, quand il n’y avait pas Amazon ni Netflix. On était dans un autre paysage audiovisuel. Je pense que c’était le bon moment de donner une nouvelle impulsion à la fête du cinéma belge », avance Jean-Yves Roubin. « Mais l’ADN reste le même évidemment, c’est toujours pour mettre en avant nos talents, pour mettre en avant notre cinéma et puis maintenant mettre en avant nos séries. On veut aussi intégrer le public un maximum ». 

Le prix de la meilleure série sera décerné sur la base des votes du public, tandis que les trophées des René du Cinéma continueront, quant à eux, d’être attribués sur la base des votes des membres de l’Académie André Delvaux. 
La cérémonie des René du Cinéma se tiendra le samedi 7 mars à Flagey à Bruxelles. Comme l’an dernier, Charline Vanhoenacker en sera la maîtresse de cérémonie.

« Nos trois valeurs, qui sont aussi nos objectifs, sont la belgitude, c’est-à-dire être fier d’être belge et ne pas copier d’autres cérémonies, célébrer nos talents belges et rassembler un maximum de public », dit Jean-Yves Roubin, un des trois membres portant ce nouveau projet avec Kassandra Decloux, secrétaire générale de l’Académie André Delvaux, et François Touwaide, de l’Union des producteurs francophones de films et séries (UPFF+). 

L’affiche et le trophée des René du cinéma 2026 seront dévoilés lors d’une conférence de presse le 6 février.

Reste à voir si, comme l’an dernier également, la RTBF se contentera d’une diffusion «en catimini» sur Auvio, ou si les René auront de nouveau droit aux honneurs d’une chaîne linéaire en direct…

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici