Pourquoi Anglais et Américains adorent détester les Français

Un véritable paradoxe © RTBF

Ce mardi 14 juillet à 20h30, jour de fête nationale française, le documentaire «French bashing» revient la relation d’amour-haine entre Français et Anglo-Saxons.

Ah, la France… Les champs de lavande sous le soleil du Midi. Paris qui sera toujours Paris. Les châteaux de la Loire et leur grande histoire. La culture, la gastronomie, les bons vins. La baguette qui craque et le bout de saucisson que l’on partage à l’apéro.

Les Français ? On les adore ! Mais il arrive aussi qu’on les déteste. On les trouve râleurs, glandeurs, intellos, arrogants, toujours à se mettre en avant. Ce ressentiment antifrançais a un nom : french bashing. L’expression est anglaise parce que ce mépris de la France est lui aussi très anglo-saxon.

Chez nous, ça se limite à de sympathiques bisbilles entre Benoît Poelvoorde et Dany Boon. Mais pour les Anglais, et plus encore pour les Américains, c’est une tout autre affaire. Vous en doutez ? Mardi 14 juillet, branchez-vous à 20.30 sur La Deux pour le documentaire «French Bashing».

Si les Ricains…

Les Français sont des bouffeurs de grenouilles, d’escargots et de fromages puants. Les clichés sont éculés, mais ils plaisent toujours aux Anglais. Depuis la bataille de Hastings en 1066, les Français sont leurs ennemis héréditaires. Du côté des USA, l’antipathie est évidemment plus récente, mais elle réapparaît à intervalle régulier depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les États-Unis aiment à rappeler aux Français que, comme le chantait Sardou, «si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie». Dans les années 1960, quand le général de Gaulle claque la porte de l’Otan et ordonne aux troupes de quitter l’Hexagone, l’administration US lui demande si l’ordre vaut aussi pour les soldats américains qui reposent dans les cimetières militaires… En 2003, lorsque Chirac décide de ne pas suivre Bush dans sa guerre en Irak, il provoque une nouvelle déferlante de french bashing. Les Français ont alors un surnom : les singes défaitistes bouffeurs de fromage.

DSK le Putois

L’expression vient… des Simpson ! Car les médias participent très activement à diffuser une image négative de la France aux États-Unis. Après 2003, on a vu se multiplier les rôles de méchants Français dans les blockbusters hollywoodiens. Lambert Wilson dans «Matrix Reloaded», Mathieu Amalric dans le James Bond «Quantum of Solace», Vincent Cassel dans «Jason Bourne», Mélanie Laurent dans «Inglourious Basterds»… Et le jeune Hannibal Lecter devient français sous les traits de Gaspard Ulliel.

Pour bien taper sur le clou de tout ce que détestent les Américains, les Français sont représentés comme peu enclins à travailler, portés sur les idées de gauche et toujours en quête d’aventures libertines. L’image ne date pas d’hier. Aux États-Unis, tous les enfants des années 1960 et 70 ont grandi avec Pépé le Putois, un dessin animé Looney Tunes dont le héros est un Français, beau parleur, séducteur… et puant.

Le stéréotype est tellement bien ancré que lorsque l’affaire DSK a éclaté, bon nombre de journaux ont fait le parallèle avec Pépé le Putois. Ainsi sont les Français, imaginent les Américains…

Cet article est paru dans le magazine Télépro du 9/7/2020 

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