Raphaël  : le fugace destin du Divin

La vie du peintre est reconstituée dans «Secrets d'Histoire» sur France 3 © France 3/SEP

500 ans après sa mort en pleine gloire, le peintre et architecte italien (1483-1520) reste l’un des grands maîtres de la Renaissance. Ce lundi à 21h05 dans «Secrets d’Histoire» sur France 3, Stéphane Bern dresse son portrait.

«Quand Raphaël mourut, la peinture disparut avec lui.» Dixit le plus fameux des historiens de l’art, Giorgio Vasari. Il y a cinq cents ans que Raphaël a rejoint les archanges. Mais au printemps dernier, alors que le covid-19 s’abattait sur l’Italie et l’Europe, cet anniversaire est presque passé inaperçu.

Lundi soir, Stéphane Bern consacre donc un «Secrets d’Histoire» au peintre et architecte italien.

Un incroyable talent

La peinture, Raffaello Sanzio tombe dedans étant enfant. Son père est peintre à la cour du duc d’Urbino, l’un des grands mécènes de la Renaissance italienne. Le gamin grandit dans l’atelier avec des pinceaux pour jouets. À la mort de son père, Raphaël a à peine 11 ans mais déjà un incroyable talent.

À 17 ans, ses oncles l’envoient poursuivre sa formation chez le maître de Pérouse : Le Pérugin. À 21 ans, Raphaël s’installe à Florence, où il est accueilli par Léonard de Vinci. Et à 25 ans, le jeune peintre est appelé à Rome… par le Pape en personne !

Méprisé par Michel-Ange

Jules II veut décorer ses appartements privés, au deuxième étage du palais pontifical. C’est son architecte, Bramante, qui lui a recommandé le jeune homme. Il s’agit d’exécuter des fresques dans quatre pièces aujourd’hui appelées «les chambres de Raphaël».

L’artiste commence par la Chambre de la Signature, cabinet de travail et bibliothèque privés du Pape. Entre 1508 et 1512, Raphaël y réalise l’une de ses fresques les plus célèbres : L’École d’Athènes. L’œuvre de 7 mètres sur 4 représente les grands penseurs de l’Antiquité. Raphaël a donné à l’un d’eux les traits de… Michel-Ange.

Car il voue une grande admiration à son aîné. Il l’a croisé à Florence et l’a retrouvé à Rome, occupé à décorer la chapelle Sixtine. Mais Michel-Ange n’aura jamais que mépris pour son jeune confrère, le considérant surtout comme un rival…

Car les affaires de Raphaël tournent bien. Son atelier d’une cinquantaine de peintres exécute madones et portraits à la chaîne. Le successeur de Jules II, le pape Léon X, lui a confié de nouvelles commandes. Et à la mort de Bramante, il l’a même nommé architecte en chef de la basilique Saint-Pierre en construction.

Mort en étreignant sa belle ?

Le succès de Raphaël est dû à son indéniable talent. Sa peinture dégage une douceur, une élégance, une grâce confinant à la perfection. Pas étonnant qu’on le surnomme «le divin Raphaël».

Mais la notoriété et la postérité du peintre tiennent aussi à son décès soudain et précoce, en pleine gloire. Raphaël, né le 6 avril 1483 - un Vendredi saint -, meurt le 6 avril 1520, un Vendredi saint ! Le choc est immense à Rome et dans toute l’Italie. Il se dit que le Pape pleure son peintre comme un fils. Il ordonne des funérailles en grande pompe et Raphaël est inhumé au Panthéon.

Mais de quoi est mort cet homme de 37 ans paraissant en pleine santé ? Officiellement, de la malaria. Certains racontent pourtant qu’il serait mort dans les bras d’une femme… Le peintre était amoureux fou de Margherita Luti, dite «La Fornarina» car elle était fille de boulanger («fornaio» en italien). Il lui a consacré deux tableaux et a donné son visage à plusieurs madones. On sait peu de choses de leur histoire, mais Margherita entra au couvent peu de temps après la mort de Raphaël. Elle y mourut quelques mois plus tard…

Cet article est paru dans le Télépro du 14/1/2021

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