
C'est la fin d'une époque. En cette rentrée, les amateurs de sports en télé vont devoir changer leurs bonnes vieilles habitudes...
Dès le dimanche 12 septembre, «100 % sport», l'émission qui remplace «Le Week-end sportif» depuis l'an dernier, quittera les antennes de La Une, victime de mauvaises audiences, pour être transférée dans la grille de Tipik. Pour la première fois en cinquante-quatre ans, la première chaîne de la RTBF va désormais clôturer le week-end avec autre chose que le sacro-sainte actu des terrains et des pistes. Une petite révolution dans le paysage audiovisuel belge !
La faute au Web et aux réseaux sociaux ? Pas forcément. C'est vrai qu'avant, le principal attrait du «Week-end sportif», c'était de découvrir les résultats des derniers matches de foot, d'apprendre qui avait remporté la course cycliste de l'après-midi au retour d'une balade dominicale... Aujourd'hui, nos smartphones nous donnent en temps réel les résultats de tous les événements dans le monde. Et les résumés en images sont disponibles dès le coup de sifflet final. Les émissions de télé doivent donc se réinventer afin de garder un intérêt pour le téléspectateur-internaute de 2021.
Mais alors, dans ce cas, pourquoi la RTBF ne supprime-t-elle pas les «Studio foot» qui monopolisent les secondes parties de soirée chaque vendredi, samedi et dimanche ? Et pourquoi une machine impitoyable telle que TF1 s'échine-t-elle à conserver «Téléfoot» le dimanche matin ?
Non, ce qui a sans doute provoqué la relégation de «100 % sport» en division inférieure, ce sont les changements radicaux qui ont été imposés, à la rentrée 2020, aux téléspectateurs du dimanche soir : nouveau concept, nouveau titre, nouvel animateur... On ne bouleverse pas ainsi une vieille dame, fut-elle télévisée ! Résultat : les plus anciens ne s'y sont pas retrouvés, et les plus jeunes n'ont visiblement pas accroché.
À ce propos, je vous invite à lire notre interview de Sandrine Roustan, la nouvelle responsable des contenus à la RTBF, qui tempère l'improbable et impossible course au rajeunissement du public devant la télévision. Une chimère qui a fait tant de ravages dans les grilles ces dernières années.
Enfin le retour à la raison ?
Julien Vandevenne
Rédacteur en chef adjoint