Endométriose : l’espoir enfin ! 

Longtemps réduite à de « simples » douleurs menstruelles, l’endométriose est en réalité une maladie inflammatoire complexe et encore mal connue. Mais la science avance… Ce samedi à minuit, Arte diffuse le documentaire « Endométriose, vers de nouvelles thérapies ».

L’endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Elle se manifeste par la présence de tissu semblable à celui de l’endomètre (la muqueuse utérine) en dehors de l’utérus, provoquant des douleurs aiguës, des règles abondantes, des troubles digestifs ou urinaires, une fatigue chronique, des rapports sexuels douloureux et parfois l’infertilité.

Banalisation…

Longtemps ignorée ou banalisée, elle a été médiatisée grâce à des personnalités comme les actrices Laëtitia Milot, Lorie Pester ou Julie Gayet, qui ont contribué à briser le tabou autour de cette pathologie. Samedi, Arte revient sur cette maladie invalidante et longtemps sous-estimée…

Réveil médical

Aujourd’hui, les choses évoluent, même si les causes exactes de la maladie restent encore floues. Mais les mentalités aussi doivent changer… Tout comme l’idée selon laquelle une grossesse pourrait la faire disparaître ou l’impasse faite sur son impact psychologique, bien trop sous-estimé. Jusqu’à récemment, le traitement de l’endométriose consistait surtout à soulager les symptômes : anti-inflammatoires, contraceptifs hormonaux ou chirurgie (notamment l’ablation des lésions), bien que parfois efficaces, présentaient des limites et des effets secondaires.

Médecine intégrative

Si la maladie reste aujourd’hui incurable, les dernières avancées offrent plus d’espoir : diagnostics plus rapides, traitements moins lourds, approche globale du corps et meilleure qualité de vie :

• Des pilules innovantes, des médicaments non hormonaux et des recherches sur les cellules immunitaires semblent promettre de nouveaux traitements.
• La recherche sur les biomarqueurs et l’imagerie progresse aussi, dans le but de diagnostiquer plus tôt cette maladie encore détectée en moyenne avec sept à dix ans de retard : tests salivaires, imagerie médicale aidée de l’intelligence artificielle, prises de sang ciblées…

Nutrition et bien-être

À côté de ces avancées médicales, la prise en charge globale du corps devient essentielle. Parmi les traitements complémentaires, l’alimentation anti-inflammatoire est de plus en plus étudiée : réduction du gluten, des produits laitiers, augmentation des fruits, légumes, oméga-3, protéines végétales… Certains régimes peuvent aider à mieux gérer les symptômes, bien que les preuves scientifiques restent à affiner.

Maladie systémique

L’endométriose n’est pas qu’une maladie gynécologique : elle est liée à plus de six cents autres troubles, dont des maladies auto-immunes, digestives, respiratoires ou neurologiques. On parle désormais de maladie multisystémique. Des traitements sur mesure pourraient bientôt voir le jour grâce à l’analyse génétique et biologique des patientes. Par ailleurs, des approches comme la sophrologie, le yoga, la naturopathie, la kinésithérapie spécialisée ou l’ostéopathie peuvent contribuer à une meilleure qualité de vie au quotidien.

Après des décennies de silence et de négligence, la lutte contre l’endométriose entre enfin dans une ère de reconnaissance médicale, pour qu’un jour, les femmes n’aient plus à « souffrir en silence ».

Cet article est paru dans le Télépro du 28/8/2025

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