Ce dimanche à 20h05, Arte nous embarque sur les traces de l’un des peintres phares du tournant du XXe siècle, dont l’œuvre demeure très populaire aujourd’hui : Gustav Klimt.
Artiste mondialement connu, mystérieux et paradoxal, l’Autrichien Gustav Klimt aura définitivement marqué l’histoire de l’art, non seulement de son coup de pinceau, mais aussi par son esprit engagé.
Affaire de famille
Né un 14 juillet 1862 près de Vienne, Gustav Klimt est le deuxième d’une fratrie qui comptera sept enfants. Chez les Klimt, l’argent manque, pas la fibre artistique : le père est orfèvre ciseleur de métaux précieux, la mère est chanteuse lyrique.
En 1883, avec deux de ses frères, Gustav crée un atelier destiné à réaliser des fresques et autres travaux de décoration. Très vite, les trois hommes se font une petite réputation dans le milieu et le talent de Gustav pour « les portraits réalistes à la précision photographique » est rapidement révélé. Klimt et ses frères vont ainsi contribuer à la décoration de nombreuses villas bourgeoises, dont celle appelée Hermès, lieu de retraite favori de l’impératrice Elizabeth. À la fin de la décennie 1880, sa nouvelle réputation assurée, Gustav décide de se consacrer à un objectif qu’il considère autrement plus important : en finir avec l’académisme.
Sécession artistique
C’est au contact d’Émilie Flöge, créatrice de mode de douze ans sa cadette qui deviendra sa compagne, que Gustav va se rapprocher du cercle très fermé des symbolistes au début des années 1890. Galvanisé par la vision moderne de ceux qu’on appelle également les « sécessionnistes viennois », Gustav devient le président de ce groupe dont le but, dans le sillage de l’Art nouveau, est de faire tomber la barrière qui sépare les arts qu’on considère majeurs de ceux dits « simplement » décoratifs ».
« Au sein de la Sécession viennoise, l’art de Klimt rayonne », détaille le site des Beaux-Arts. « En incluant l’or comme couleur majeure, il emprunte la technique d’orfèvre des précieuses mosaïques byzantines. En 1902, il réalise l’une de ses compositions majeures : la Frise Beethoven. Bien que critiqué, son art touche une immense audience. » Si Gustav s’éloigne du mouvement vers 1905 pour différends irréconciliables avec la partie « naturaliste » du groupe, l’influence de la Sécession viennoise s’inscrira durablement en Autriche et dans le reste de l’Europe.
Peintre érotique
Jamais marié, ne vivant pas sous le même toit, Gustav restera néanmoins lié à Émilie jusqu’à son dernier souffle. Un statut qui convient au tempérament de l’artiste, considéré comme « le peintre des femmes et à femmes ». Nombre de ses tableaux représentent en effet un érotisme assumé et parfois choquant pour l’époque. Ne citons que « Judith I » (1901), « Les Serpents d’eau II » (1904-1907), « Danaé » (1907) et le célèbre « Baiser »(1908-1909) qui, selon les spécialistes, représente le peintre lui-même et Émilie.

Accusé de pornographie durant toute sa carrière, Gustav aime assurément représenter la sensualité et… la vivre. « On sait que douze ou quatorze reconnaissances de paternité ont été déposées après sa mort », raconte Patrick Bade dans un documentaire précédemment diffusé sur Arte, « Klimt et Le Baiser ». « Il couchait avec ses modèles, mais aussi avec les femmes de la haute société qu’il peignait. »
Le saviez-vous ?
• Reconnu membre honoraire de l’Académie des beaux-arts de Vienne en 1917, Gustav Klimt s’éteint en 1918, probablement d’une congestion cérébrale.
• Après la mort du maître, Émilie Flöge hérite de nombreuses œuvres de Klimt. En 1945, une grande partie de cette collection sera détruite dans un violent incendie.
• En novembre dernier, le « Portrait d’Elisabeth Lederer » (1914-1916) s’est envolé aux enchères chez Sotheby’s pour 236,4 millions de dollars, devenant ainsi la deuxième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères après le « Salvator Mundi » attribué à Léonard de Vinci, vendu 450 millions de $ en 2017.