Inattention, impulsivité, hyperactivité… Derrière ces symptômes se cache parfois un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Décryptage.
Le TDAH n’est pas une maladie. Il est reconnu comme un trouble de neurodéveloppement. Autrement dit, il trouve son origine dans le développement du cerveau, émerge dans l’enfance et affecte durablement certaines fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire, la planification et la régulation émotionnelle et comportementale. Le TDAH toucherait 5 % des enfants (il est plus fréquent chez les garçons) et près de 5 % des adultes.
Trois types de symptômes
Leur intensité varie selon la personne. Tout d’abord, le déficit de l’attention. L’enfant a du mal à se concentrer, passe très vite d’une activité à l’autre, manque de persévérance, a du mal à organiser son travail, procrastine. Ensuite, l’impulsivité, à savoir l’incapacité d’attendre, la tendance à interrompre les activités des autres, le besoin de parler tout le temps, de couper la parole. Enfin, l’hyperactivité. Toujours en mouvement, l’enfant est incapable de tenir en place. Il est bruyant, perturbateur. C’est une « pile électrique ». Ces trois types de symptômes peuvent être variables d’un enfant à l’autre. Parfois, un symptôme prédomine ou est absent.
Est-ce un trouble génétique ?
Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques s’accordent à dire que le TDAH a une forte composante héréditaire. Cependant, si le TDAH est en grande partie d’origine génétique (entre 70 et 75 %), il n’y a pas de gène spécifique. Pas question donc de test génétique qui pourrait confirmer ou infirmer le diagnostic ! Le TDAH est un trouble polygénique, c’est-à-dire qu’il est associé à une multitude (on parle de « constellation ») de défectuosités dans de nombreux gènes. Chacun d’entre eux explique une partie infime de l’apparition du trouble.
Chez l’adulte
Le TDAH peut aussi se manifester chez l’adulte. Il est la continuité du TDAH présent dès l’enfance, même si celui-ci n’a pas été diagnostiqué à cette période. Cependant, les symptômes classiques tels que le déficit de l’attention, l’impulsivité et l’hyperactivité peuvent être masqués par ce qu’on appelle des « mécanismes de compensation », à savoir anxiété chronique, troubles du sommeil, sentiment d’échec, irritabilité ou difficultés relationnelles. D’où le diagnostic particulièrement complexe…
Diagnostic
Contrairement aux idées reçues, il n’existe aucun test biologique (prénatal, sanguin, génétique, IRM) qui permettrait de diagnostiquer un TDAH. Le diagnostic repose donc exclusivement sur une évaluation clinique approfondie. Cela inclut des entretiens, des questionnaires (parcours scolaire, antécédents familiaux, histoire personnelle) et des tests neuropsychologiques pour évaluer l’attention, la mémoire et d’autres fonctions cognitives. Seul un médecin ayant une bonne connaissance du TDAH, un pédopsychiatre ou un neuropédiatre, est habilité à poser ce diagnostic complexe.
Prise en charge
Le TDAH nécessite un accompagnement adapté à chaque personne. Le traitement peut inclure des thérapies comportementales, des médicaments pour améliorer la concentration et réduire l’hyperactivité, ainsi que des aménagements éducatifs pour aider les enfants dans leur parcours scolaire. Le TDAH se travaille au quotidien. De nombreuses stratégies peuvent être mises en place. En commençant par une bonne hygiène de vie, à savoir le sommeil en quantité suffisante, une alimentation saine et une activité physique régulière. Il est essentiel de prévoir des espaces de pause et de récupération dans la journée. L’efficacité de la méditation de pleine conscience ne fait pas l’unanimité auprès des scientifiques, mais pourquoi ne pas l’essayer ?
À voir
Cette semaine, trois émissions traitent le sujet : « L’Œil et la main », dimanche à 0.10 sur France 5 – « Ça commence aujourd’hui », mercredi à 13.55 sur France 2 – « Matière grise », mercredi à 23.00 sur La Une.
Cet article est paru dans le Télépro du 15/1/2026