Souvent diabolisée, la graisse est aujourd’hui considérée comme indispensable à la santé.
«Et si la revanche du gras avait sonné ? Longtemps accusées de boucher les artères et de faire grossir, les graisses alimentaires connaissent un retour en grâce, à la faveur d’études scientifiques qui démontrent leurs effets bénéfiques pour la santé. » C’est par ces mots que Marina Carrère d’Encausse vous invite à découvrir « Enquête de santé », ce mardi à 21h05 sur France 5. Faut-il réhabiliter le gras ? L’émission fait intelligemment la part des choses.
Le gras, c’est la vie !
« Le gras, c’est la vie ! » On connaît la formule : elle déculpabilise ceux qui apprécient une bonne table ou craquent pour un paquet de chips. Car oui, les saveurs du gras font plaisir. « Le gras, c’est ce qu’il y a de meilleur ! », disaient déjà nos grands-pères, en rognant leur côte de porc jusqu’à l’os.
Et sur le fond, ils avaient raison. Car les lipides sont le carburant de l’organisme. Il est donc bon d’en avoir toujours en réserve pour ne jamais manquer d’énergie. Le souci, c’est qu’aujourd’hui, on stocke plus de graisses que nécessaire.
Pourquoi ? Parce qu’on est devenu sédentaire : on ne chasse plus pour se nourrir, on ne marche plus pour se déplacer, on ne déploie plus de gros efforts physiques pour travailler… Résultat : selon Sciensano, 58 % des adultes belges sont en surpoids. Or l’Institut de recherche le rappelle : « L’excès de graisse entraîne de graves problèmes de santé tels que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et les cancers. »
Le gros et le gras
Faut-il dès lors faire disparaître le gras de notre alimentation ? Non. D’abord parce qu’on peut être gros sans manger gras. Toutes les calories absorbées en excès sont stockées par l’organisme sous forme de gras. Y compris le sucre, donc les sodas et l’alcool ! Ensuite parce que notre organisme en a besoin. Encore faut-il qu’il soit bon !

Depuis les années 1970, on distingue les matières grasses saturées et insaturées. Les saturées sont celles qui, comme le beurre, se figent à température ambiante. Elles ont donc tendance à se figer également dans nos artères, via le cholestérol. Supprimer les graisses saturées ? On l’a conseillé à une époque. Cela fait effectivement chuter le mauvais cholestérol… mais également le bon ! Ce n’est donc pas la solution.
Question d’équilibre
Aujourd’hui, certains pensent avoir trouvé la panacée dans les oméga-3, de bonnes graisses présentes dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau…), les oléagineux (amande, noix, noisette…), ainsi que certaines huiles (colza, lin, noix…). Plus étonnant : d’autres prônent une alimentation ultra-riche en gras, mais dépourvue de sucre. C’est le régime cétogène. Il pourrait permettre d’affaiblir les cellules cancéreuses ou retarder la maladie d’Alzheimer. Mais un tel régime doit être encadré par un nutritionniste pour éviter toute carence. Car tout est toujours question d’équilibre. Certaines graisses sont bonnes pour la santé, d’autres doivent être consommées avec modération.
Cet article est paru dans le Télépro du 13/11/2025