Vendredi à 19h50 sur RTL tvi dans «Je vous dérange», Christophe Deborsu explore le comportement des Belges sur la route. La Belgique, et surtout la Wallonie, figurent parmi les plus mauvais exemples du continent !
Rencontre avec le journaliste.
Christophe Deborsu, sommes-nous les pires conducteurs ?
Les chiffres le prouvent depuis longtemps. En nombre d’accidents mortels, nous sommes les pires d’Europe. Surtout en Wallonie, car la Flandre est meilleure élève. En 2012, la Wallonie était n° 1. En 2023, elle se classe un peu mieux, à la cinquième place (derrière la Bulgarie, la Roumanie, la Lettonie et la Croatie), mais à l’échelle de l’Europe des Quinze, nous restons n° 1.
Quelles sont les causes de ces accidents ?
D’abord l’alcool : c’est insensé. Si l’on demande aux Européens s’ils ont roulé en état d’ébriété le mois précédent, les Wallons se placent en deuxième position, derrière le Luxembourg. Et puis, il y a la vitesse : nous ne respectons pas les limitations ! Le Wallon aime rouler vite. D’autant que les contrôles, surtout dans le sud du pays, sont lacunaires, même si l’on installe progressivement plus de radars. Ils sont plus nombreux en Flandre et là, les tribunaux de police sont plus sévères. Les conducteurs wallons ont un sentiment d’impunité.
Dans votre reportage, vous pointez les voitures de société…
Notre pays compte énormément de voitures Premium (similaires aux voitures de luxe en termes de technologie et de sécurité, ndlr) grâce au phénomène belgo-belge des voitures de société. Ces véhicules plus puissants et plus lourds deviennent la norme. Quant aux jeunes, ils sont revenus au culte de la vitesse et des bolides puissants. Ils se réunissent le week-end sur de grands parkings, exhibent leurs autos, comparent, s’extasient… Quand ils ne font pas des rodéos. Enfin, il est aisé de faire reprogrammer sa voiture et de la débrider pour pouvoir rouler jusqu’à 330 km/h !
Vous avez vous-même échappé à un accident pendant le tournage…
J’ai pris la place du passager dans une grosse BMW : le jeune conducteur nous a emmenés rouler sur les autoroutes allemandes jusqu’à 260 km/h ! Là, nous avons frôlé l’accident. J’ai eu aussi très peur avec un autre jeune qui roulait à 140 km/h sur une route en lacets, entre deux radars. Le plaisir et l’adrénaline prennent le pas sur la peur. Hyper concentrés, ils pensent maîtriser la situation et se croient invincibles…