Richard Curtis : «Pensons à tous les enfants !»

Richard Curtis : «Pensons à tous les enfants !»

Le célèbre scénariste et cinéaste britannique se lance dans le combat humanitaire avec un récit poignant.

Créateur de «Coup foudre à Notting Hill», «Quatre mariages et un enterrement», «Le Journal de Bridget Jones» ou encore «Love Actually», Richard Curtis (56 ans) délaisse sa plume cocasse quelques mois par an pour s’attaquer à des causes graves. Après la pauvreté, le fondateur de «Make Poverty History» plaide pour l’aide à l’enfance africaine victime de la malaria. À travers le film inédit «Mary & Martha», diffusé sur Plug RTL vendredi 26 avril à 20.40, il offre un magnifique rôle à l’actrice oscarisée Hilary Swank («Million Dollar Baby»). Et aux spectateurs, une belle histoire d’humanité. Rencontre.

Pourquoi le sujet de la malaria vous touche-t-il tant ?

Un documentaire m’a interpellé voici quinze ans. Un spécialiste en économie m’a appris que cette maladie peut être éradiquée. Elle sévit encore parce qu’on n’y investit pas assez d’attention et d’argent. J’ai écrit un film qui est un voyage dans les méandres de la conscience. Deux mères s’y battent bien plus que les politiques pour tenter d’améliorer la situation. Certains pensent que l’Afrique est loin, que ce mal ne peut nous atteindre. Pourtant, un seul moustique peut le véhiculer. S’il frappait l’Europe, nos dirigeants auraient tôt fait de fermer les écoles, de distribuer moustiquaires, insecticides et moyens médicaux !

«Hillary Swank, femme de tête»

C’est Phillip Noyce («Salt», «Le Chemin de la liberté», «Jeux de guerre») qui réalise ce film. Pourquoi pas vous ?

J’y ai songé, mais je ne me sentais pas capable de mettre en scène un sujet si délicat. Le résultat et l’intensité émotionnelle du récit prouvent que j’ai eu raison de confier mon scénario et la caméra à Phillip.

Pourquoi avoir choisi Hilary Swank pour le rôle de Mary ?

Mary est une maman américaine dont l’enfant est touché par la malaria lors d’un voyage en Afrique. Je voulais une actrice pouvant passer du chagrin à la culpabilité, puis à la colère et à la volonté de s’imposer face à toute une assemblée de spécialistes. Outre son talent et sa beauté, Hilary a cette capacité d’incarner à la fois une mère comme les autres mais aussi une femme de tête.

Mary et Martha sont plus actives que leurs maris. Pensez-vous que les femmes ont plus de ténacité ?

Ma compagne est très entreprenante et n’hésite jamais à aider son prochain. Elle ressemble à ma mère vers laquelle je me tourne encore aujourd’hui en cas de souci. J’ai dû être inconsciemment influencé par ces deux femmes ! (Rire)

«S’intéresser à des faits graves»

Le public va sans doute être surpris de vous voir traiter un thème plus sérieux…

Au Royaume-Uni, les gens connaissent mon engagement au travers de plusieurs organisations. Et si vous regardez bien mes films, j’y incorpore souvent un sujet sensible dont celui de la mort d’un proche. Au début de «Love Actually» et «Quatre mariages et un enterrement», il est question de deuil. Cela nous concerne tous, un jour ou l’autre. De plus, je vieillis ! Je m’intéresse à des faits plus graves car je suis aujourd’hui père de famille, je peux comprendre la douleur générée par la perte d’un enfant.

Allez-vous abandonner l’écriture et le tournage de comédies romantiques ?

Oh, non ! Je viens d’en terminer une nouvelle. Elle allie une histoire romantique et un voyage dans le temps, concept qui m’a toujours fasciné.
Entretien : Carol THILL

La fondation «One»

«One» («Comme un seul homme»), fondée par le chanteur Bono, leader de U2, soutient le film «Mary & Martha». Cette association, présente dans plusieurs capitales dont Bruxelles, regroupe plus de 3 millions de personnes engagées contre la pauvreté et les maladies infectieuses.
Infos : www.one.org, tél. 02/300.89.40.

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